Chic-chocs

Une aire à protéger dans les monts Chic-Chocs de la Réserve faunique de Matane

protection du teritoire

  • chute hélène

Pourquoi protéger ce territoire ?

Cinquièmement, l'aire protégée proposée abrite plusieurs espèces menacées :

• Ce territoire est le domaine de l'Aigle royal. Trois couples nicheurs de cette espèce sur les quatre qui ont été répertoriés dans le Québec habité se retrouvent dans l'aire projetée.

• Autre espèce classée vulnérable au Québec depuis 2005, le Pygargue à tête blanche y est régulièrement observé.

• Il est probable que les forêts des sommets des Chic-Chocs abritent la Grive de Bicknell. Le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) et la province de la Nouvelle-Écosse ont inscrit sur leur liste la Grive de Bicknell comme espèce préoccupante, ce qui signifie que celle-ci possède des caractéristiques qui la rendent particulièrement vulnérable aux activités anthropiques ou aux phénomènes naturels. Difficile à observer et à entendre, la Grive de Bicknell a fait l'objet de très peu d'études au Québec. On sait qu'elle niche en altitude, dans des montagnes densément boisées et difficilement accessibles. Un couple a été répertorié au Mont Fortin, montagne située à la limite est de l'aire protégée projetée.

• Certains lacs de tête de la Réserve sont utilisés par Garrot d'Islande pour la reproduction. Selon la COSEPAC, la population de l'Est de cette espèce est en situation préoccupante (Comité sur la situation des espèces en péril au Canada. 2007. Espèces canadiennes en péril. http://www.cosepac.gc.ca/fra/sct0/rpt/dsp_booklet_f.htm).

• La population gaspésienne du Caribou des bois, classée en voie de disparition, utilise fréquemment le secteur est de l'aire ciblée, situé entre le Mont Logan et la Rivière Cap-Chat. Ce territoire renferme aussi l'habitat de la Musaraigne de Gaspé, une espèce rare mais n'étant pas classée «en péril» par la COSEPAC.

• Une récente étude de l'Université de Sherbrooke a documenté la présence du Couguar au Mont Blanc. Le Couguar a disparu presque complètement de l'Est du pays (Service canadien de la faune. Faune et flore du pays. http://www.ffdp.ca/hww2_f.asp?id=87).

• La flore de ce territoire compte également plusieurs espèces rares, susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables dont l'Arnica à aigrette brune, le Carex de Back, le Chardon mutique variété des montagnes, la Fougère mâle, la Gnaphale de Norvège, la Moeringie à grandes feuilles, le Pâturin de Fernald, la Saxifrage des neiges variété de la Gaspésie et la Woodsie des Alpes (Schéma d'aménagement de la MRC de Matane).

Sixièmement, notre souhait de voir le territoire ciblé obtenir le statut d'aire protégée découle de la situation mondiale des forêts primaires. Les forêts sont plus importants, les plus complexes et les plus durables des écosystèmes et il est nécessaire de mettre en oeuvre des politiques bien conçues pour l'utilisation des terres et des forêts, de suivre en permanence l'état des forêts du monde et de planifier leur gestion (Conférence des Nations Unies sur l'environnement humain Stockholm, 1972).
Aujourd'hui, les recommandations de la Conférence de Stockholm relatives aux forêts restent valables, même si souvent elles ne sont pas appliquées, en raison de conflits d'usages entre la gestion des forêts à des fins de conservation de l'environnement et le développement économique.

Plusieurs évaluations de l'évolution du couvert forestier à l'échelle mondiale donnent globalement l'image d'un déclin des superficies des forêts et d'une poursuite de la dégradation des écosystèmes forestiers.

Un rapport conjoint de 1997 du World Ressource Institute (WRI), du World Conservation Monitoring Center (WCMC) et du World Wide Fund for Nature (WWF) indique que presque la moitié des forêts originales de la planète a été détruite, en grande partie durant les trois dernières décennies.

Un rapport de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture, 2005) indique que ces forêts primaires comptent pour environ 36% de la superficie de toutes les forêts de la Terre, et que de cette superficie, 6 millions d'hectares sont perdus ou modifiés à chaque année. Le fonctionnement des écosystèmes à l'intérieur de ces forêts n'est compris que de façon superficielle et ce sont des habitats qui renferment la plus grande part de la biodiversité sur la Terre.

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